EXIL

Le sapin mort mit des jours à refroidir. À sa température, à l’aspect de sa croûte, les deux cousins mesuraient le temps qui s’était écoulé depuis les premiers instants d’exil, et ils constataient comment les choses sont acceptées par la nature, comment elle absorbe les désastres, comment elle en fait son affaire : depuis leur arrivée, des insectes avaient colonisé le tronc de l’arbre, des herbes repoussaient là où la terre avait été retournée, des fleurs dans la cendre.